J'ai tenté bon nombre d'expériences singulières ces derniers temps, mais l'une d'elles manquait encore à mon hall of fame : voler à bord d'un avion de chasse. Une erreur que je me suis consacré à réparer hier. L'aventure s'est passée à l'aéroclub de Rennes, par un beau matin. Après un briefing de sécurité où un moniteur m'a précisé le fonctionnement de l'appareil, j'ai pu aller enfiler mon uniforme de vol avant de rejoindre le parking du tarmac. C'est là que le Fouga patientait. Il a beau ne plus être tout récent, il a tout de même servi à l'armée de l'air jusque dans les années 90 et a même été utilisé par la Patrouille de France durant plus de vingt ans. Impatient (et un peu anxieux aussi, peut-être), j'ai sauté dans le cockpit et me suis attaché à mon siège. Après toute une batterie de contrôles, on est enfin parti. Le décollage ne s'est pas passé comme je l'espérais : je pensais être plaqué contre mon siège, mais l'accélération est en réalité linéaire. Le pilote m'a expliqué lors du débriefing que ce type de décollage, avec brusque accélération, coûtait énormément en kérosène, et que les pilotes ne le pratiquaient plus s'ils pouvaient l'éviter. Mais cela aura bien été ma seule déception lors de ce vol. Au début, l'expérience s'est révélée plutôt tranquille. Mais tout cela n'était qu'une introduction pour mettre en appétit. Car quelques minutes plus tard, le pilote m'a informé qu'on allait commencer la voltige aérienne. Et là, je me suis pris une claque. Je savais pourtant à quoi m'attendre, pour avoir lu un grand nombre de retours d'expérience sur le sujet. Mais rien ne m'avait préparé à ces sensations. Imaginez. Le pilote a commencé par un huit et j'ai soudainement pesé trois fois mon poids ! Sous la pression des G, même lever le bras devient plus difficile. A la sortie du huit, je n'ai eu que quelques secondes pour m'habituer au retour à la normale avant que le pilote n'enchaîne. Et à partir de là, il n'y a plus eu de véritable arrêt. Breaks, vol sur le dos, looping ! Les manœuvres se suivaient à toute vitesse, me secouaient, me plaquaient contre mon siège. J'avais l'impression que les G me faisaient un lifting tellement je sentais la peau de mon visage partir en arrière ! Durant les rares moments de répit entre les enchaînements, je devais secouer la tête pour retrouver mes repères. Malgré tout, je me sentais très bien, savourant pleinement ces sensations uniques. Je n'éprouvais aucune peur, j'étais totalement confiant. Curieusement, c'est sur la route du retour, lorsque le Fouga a rejoint la piste d'atterrissage, que j'ai commencé à avoir des haut-le-cœur. Voilà une expérienc eque j'ai vraiment adoré, mais je la recommande uniquement aux amateurs de sensations fortes ! Retrouvez toutes les infos sur cette expérience de vol en Fouga Magister en suivant le lien.

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