Plus d’un candidat (celui de la France Insoumise, celui d’En Marche) ont claironné leur intention de créer leur propre média, à l’instar, finalement, des entreprises. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses à créer outre leurs sites web, des comptes sur les réseaux sociaux qu’elles alimentent en contenus. Dans le même temps, elles réduisent drastiquement leurs services et budgets « presse » pour se focaliser sur les réseaux sociaux, les blogs et les sites web qu’elles administrent plus ou moins directement et vers lesquels elles renvoient. L’objectif est à terme de court-circuiter les médias pour totalement contrôler le message. Distinguer média d’information et média de divertissement ou de communication est au menu, si ce n’est législatif au moins normatif, des mois à venir, avec par exemple le projet de certification porté par RSF. De même, la qualité de journaliste, cheville ouvrière d’une information digne de ce nom, est sur la sellette. Il s’agit également de mieux différencier les contenus diffusés, pour lever toute ambiguïté quant à leur caractère soit d’information factuelle soit de commentaire soit de propagande commerciale ou politique. Ce qui est en jeu ce sont bien les conditions d’existence d’un véritable contre-pouvoir, au sens où le posait un arrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis du 30 juin 1917 cité dans le dernier film de Steven Spielberg, Pentagon Papers : « la presse est au service des gouvernés, pas des gouvernants ». Actualisé, s’y ajouterait : ni au service des puissances économiques, propriétaires des médias compris.