Il existe un corpus de données, principalement anglo-saxonnes, assez convergentes pour affirmer qu’une intervention précoce de qualité au cours de la petite enfance est susceptible de modifier en profondeur les perspectives d’intégration sociale et économique de ses bénéficiaires. Les dépenses publiques nécessaires pour remédier aux conséquences de la pauvreté et de l’exclusion sociale des enfants sont généralement plus importantes que celles que requièrent les interventions à un âge précoce. Ces données montrent que si les interventions ont un impact très limité, voire nul, pour les enfants issus des classes moyennes et supérieures, elles ont un réel impact pour les enfants issus de milieux défavorisés. Les premières études consacrées aux effets des interventions préscolaires sur le développement des très jeunes enfants, notamment ceux des familles les plus défavorisées, ont été réalisées aux États-Unis dans les années 1960. Au vu de leurs résultats, il semble que l’impact de l’accueil et de la scolarisation précoces sur les résultats scolaires peut être observé et mesuré au moins jusqu’à l’entrée au collège, et même au-delà lorsque l’on considère l’insertion sur le marché du travail et dans la vie sociale. Parmi ces expérimentations, les plus célèbres et les mieux documentées sont le Early Training Project, le Carolina Abcedarian Project, le Perry Preschool Project, le Milwaukee Project et le Infant Health and Development Project. Les travaux américains ont inspiré des études en Europe sur l’accueil et l’éveil des très jeunes enfants, qui peuvent être classées en deux groupes : – les études menées en particulier au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Norvège, ayant traité du développement cognitif des enfants ; – celles menées plus récemment en Allemagne ou au Danemark, portant sur les compétences non cognitives. Les études européennes concluent généralement à un effet positif de la préscolarisation sur la réussite éducative ultérieure et ce, souvent, jusqu’au premier cycle de l’enseignement secondaire.